Le cuir
Pourquoi l'atelier examine d'abord le cuir
Une fourrure, c'est un poil porté par une peau. C'est cette peau, le cuir, qui tient les coutures. Tant qu'elle reste souple, on peut la recoudre, la reprendre, la retoucher. Quand elle se dessèche, elle devient cassante et se fend le long des coutures. C'est pourquoi l'état du cuir décide de tout, avant l'aspect du poil.
Le premier geste est simple : plier un pan du vêtement entre les doigts et écouter. S'il se plie comme un tissu, ou résiste un peu sans bruit, le cuir est en bon état. Un petit craquement, comme du papier, signale un cuir qui commence à sécher. S'il craque nettement, ou si la peau se fend, le cuir est trop fragile pour une réparation classique.
L'atelier regarde aussi le poil (en passant la main, reste-t-il des poils dans la paume ?), les zones dégarnies, l'état des coutures et de la doublure, et l'odeur de l'intérieur : une odeur d'humidité ou de moisi signale un cuir attaqué de l'intérieur. La doublure, elle, se remplace : elle ne doit jamais faire renoncer à une réparation.
Un cuir se dessèche le plus souvent parce que le manteau a passé des années dans un endroit trop chaud et trop sec, près d'un radiateur, ou au contraire dans l'humidité d'une cave.